1483720_10202717953048860_1323158327_nFort de ses sept courtes histoires concernant l'univers de la Reine des Neiges, Andersen nous avait servi une histoire noire. Bien plus noire que celle proposée par notre amie la compagnie Disney.


Recontextualisons : Nous avons d'un côté l'oeuvre d'un auteur qui n'en est pas à son premier essai en matière de contes à faire frissonner, rien que les titres sont parlants : Le sapin, La petite fille aux allumettes, Le bonhomme de neige, ...
L'univers n'est pas précisé, il n'y a pas de repères de dates ou de lieux, seul les quatres saisons nous annonce une certaine temporalité dans cette courte histoire.
Dans ce monde le "diable" a créé un miroir qui rend le beau laid et le laid toujours plus visible. Malheureusement le miroir éclate "en des centaines de millions, des milliards de morceaux et plus encore".
Passons, nous n'avons pas deux jolies soeurs, filles de roi comme dans la version disney, mais un garçon et une fille affiliés en rien. Seule une amitié sincère les rattachent. Kay et Gerda jouent ensemble quelque soit la saison, jusqu'au jour où un minuscule bout de miroir vient se loger dans le coeur de Kay et un autre dans un de ses yeux. Dès lors Kay ne voit plus le bien autour de lui mais seulement le mal. Un après-midi alors qu'il joue seul, la reine des neiges vient l'enlever en traineau. Gerda cherche a le retrouver mais de nombreuses embuches traverses son chemin.

Dans l'univers Disney, cette histoire se traduit par la montée en puissance des pouvoirs de la première fille du roi (Elsa), au détriment de sa petite soeur (Anna) qui en subit les conséquences lors d'une partie de jeux. Elles sont séparées jusqu'à la mort de leurs parents (lors d'un naufrage). Leur retrouvailles, qui se font au moment du couronnement d'Elsa, sont entâchées par les pouvoirs grandissant de cette dernière. Elle devient alors aux yeux de la population "la reine des neiges". Anna cherche a tout prix à sauver sa soeur de ce fardeau. Elle se lance, tout comme Gerda le fait avec Kay, à la recherche de sa soeur.
On est donc à des années luminères de l'oeuvre originale ! Toutefois c'est un Disney et l'on apprécie grandement les efforts de production pour réaliser quelque chose d'aussi beau, tant pour les dessins que pour les musiques proposées. Les personnages secondaires que l'on rencontre au fil de l'histoire sont drôles et touchants (Olaf/Sven). Néanmoins certains de ces personnages secondaires mériteraient des claques (pas de spoil cette fois-ci, je vous laisserai apprécier l'oeuvre dans son entier).
J'ai découvert avec plaisir les voix d'Anaïs Delva [(Anna) qui était le rôle principal de la comédie musicale Dracula] et celle de Danny Boon dans le rôle d'Olaf qui interprète la chanson avec brio, son excellente voix m'a ému.
Alors que vous aillez des enfants ou non, qu'ils soient d'ailleurs dans les âges visés ou non : courrez-y !

 

1473805_10202717954448895_1161914521_n

 Alors pour ma part (Julia), j'ai trouvé que même si l'univers de Disney diffère de la version originale c'est une oeuvre qui vaut le coup. Pour une fois Disney nous offre une histoire où la fraternité est au coeur de tout. En plus d'avoir une véritable réflexion sur l'amour et non pas un Prince Charmant servi sur un plateau que l'on aime au premier coup d'oeil. Si ce film change de la noirceau de Andersen, les personnages sont touchants et les sentiments qu'ils dégagent sont profonds. On y perçoit la solitude, l'amour mais aussi le regard des autres sur ce qui est différent du quotidien. Nous avons là une autre approche du rejet de l'Autre.

Au niveau graphisme, le film s'inscrit dans la filliation de Raiponce avec des personnages au design très similaires. Amateurs du genre, ça ne peut que vous plaire.
Pour ce qui est de la place de la culture dans ce film, il y a des références que les enfants ne verront pas mais qu'un public averti constatera surement avec plaisir. Je parle de la scène où Anna danse dans une salle remplie de tableaux qui sont des reprises de ableaux célèbres avec à la place des personnages originaux des faciès Disney. Je pense notamment à "La Balançoire" de Fragonard ou encore des tableaux de Dali.

 

1479557_10202717952888856_904970367_nEn plus de ces références aux tableaux, Disney multiplie les apparitions de ses propres personnages dans des cameos inattendus comme la présence de Raiponce lors du couronnement d'Elsa ou encore l'utilisation du livre pour ouvrir l'histoire comme cela a été fait dans Cendrillon par exemple. Pour les autres nous vous laissons chercher et nous dire combien de princesses vous avez repéré.
Enfin si la version Disney semble éloignée de l'histoire d'Andersen, la firme n'en oublie les origines du conte. Elle utilise par exemple le nom complet de l'auteur pour renommer les personnages du film d'animation ou encore laisse une place importante aux patins à glace, qui rappellent l'offre le cadeau potentiel de La Reine des Neiges pour Kay. Ici, Elsa semble résoudre l'histoire en offrant des patins à Anna comme marque de liens fraternels. Ainsi s'achève l'histoire et notre avis sur ce dessin animé, vous l'aurez compris, émouvant et beau à souhait.
De plus, allez le voir en 3D, Disney offre une surprise qui n'est pas négligeable, au début, une animation supplémentaire de 10min vous sera proposée ...

Qui ramène le pop-corn ?

 

Pauline et Julia de l'équipe de Plumicule