Paranoid Park, un livre que j'ai eu envie de lire suite au film !

  • En 2006 est publié le roman Paranoid Park de Blake Nelson (auteur américain de Portland, lieu où se déroule l'action).

paranoid park poche

L'histoire est simple, c'est celle d'un jeune de dix-sept ans, Alex, qui tue accidentellement un agent de sécurité lors d'une sortie au skate park. Il n'y a aucun témoin, mais est-ce cela l'important ? Peut-on vivre tranquille avec sa conscience lorsque l'on a tué quelqu'un ?

Voilà autour de quoi tourne l'oeuvre, le sentiment de culpabilité, de souffrance, d'ignorance... de psychologie sur l'adolescence. Au fil du livre, on entre en profondeur dans la psychologie du protagoniste, il évolue et grandit. Ce thriller psychologique est étonnant puisqu'il s'agit en fait du journal ou des lettres qu'écrit Alex, ce sont ses pensées, son besoin de se confier que l'on a devant les yeux.

On se sent intime avec lui et en même temps, on sent que l'on est en train de lire quelque chose que nous ne devrions pas avoir sous les yeux. On a la preuve d'un meurtre dont personne ne connait le coupable sauf celui qui écrit ces lignes... Le sentiment éprouvé lors de la lecture peut être assez étrange, on se sent parfois mal à l'aise, parfois triste pour Alex.

Dans tous les cas c'est un roman qui nous happe et nous tient en alerte. Blake Nelson a un don pour comprendre la complexité de la pensée et nous la donne sans mode d'emploi. On se retrouve dans des noeuds de confusions et de sentiments contradictoires.

Je ne résiste pas à l'envie de vous citer le début du roman:

"3 janvier
Seaside, Oregon
(Nuit)

Chère...

Me voilà arrivé dans la maison de plage de mon oncle Tommy. Il est environ neuf heures du soir. Je suis à l'étage, tout seul. J'ai mon stylo, mon cahier à spirale...
Je ne sais par où commencer. Je ne sais même pas si ce truc est à ma portée. Mais je vais essayer. ça ne peut guère empirer les choses...
Dehors il pleut et il fait noir aussi. J'entends les vagues s'écraser au loin comme de petites bombes qui explosent.
Bon. Je viens de descendre me faire un chocolat chaud. Allez, mec, décompresse et écris quelque chose. ça c'est moi qui parle tout seul. Je n'ai qu'à commencer par le début, y aller tranquillement, à petits pas...
Paranoid Park. C'est là que tout a commencé."

"Personne n'est jamais prêt pour Paranoid Park."

Pour les lecteurs frileux, lancez-vous c'est très rapide et en édition de poche il fait 186 pages seulement.

  • Qui dit thriller psychologique adapté en film dit Gus Van Sant ! En 2007, ce réalisateur a adapté le roman à sa sauce.

Voici la bande annonce de Paranoid Park :

Et j'ai un détail croustillant, devinez d'où vient le réalisateur ? De Portland bien sûr !

Paranoid Park affiche film

Connu pour Elephant ou encore Harvey Milk, Gus Van Sant, de par son style lent et contemplatif qui contraste avec des plans plus rapides, nous offre une adaptation formidable. Proche du roman et en même temps très visuel, Gus Van Sant réussit à faire ressurgir la dimension psychologique par la musique, par les gros plans sur les visages des adolescents suivis par les mouvements des skates et par la dualité d'Alex que l'on suit à la fois dans ses rêves et dans la réalité.

Ce thème de l'adolescent perturbé est cher à ce réalisateur puisque son précédent film, Elephant revenait sur le tragique massacre de Columbine. La grosse différence c'est que dans Paranoid Park le meurtre n'est plus la finalité, c'est un tremplin pour rebondir, pour changer. C'est le symbole de l'évolution d'Alex.

Le film se fait en deux parties dont l'axe central est la scène du meurtre. Nous avons d'une part le refoulement, l'envie d'oublier, de ne pas assumer et la prise de conscience où Alex tente de vivre avec ce qu'il a fait.

Je ne vous en dis pas plus et vous laisse suivre le cheminement de ce garçon tourmenté.

 

Julia de l'équipe de Plumicule